Il est bon parfoois d'être niais...
Un jour, il faudra qu'on raconte tout cela. Il faudra écrire les yeux d'Aline qui roulent quand je dis des idioties, le parfum d'Emilie qui flotte chez moi après son départ, les dessins d'Elodie sur mon cahier mes bras ma nuque, la joliesse d'Audrey, le sourire de Noé et ses canines, les blagues (toujours un peu foireuses) d'Alexandre, les similitudes d'Anne, les bras de Clara, et tout le reste et tout le reste. Il faudra expliquer comment on s'est retrouvé à décrocher des affiches un beau soir à vingt-et-une heures trente, comment on a pu en pleine nuit marcher dans l'herbe avenue du général de Gaulle, pourquoi le rang six et sept et pas ailleurs. Il faudra aussi mentionner tout ses personnages qui font partie de notre quotidien s'en sans douter, ces voisins à qui on a inventé une vie extraordinaire, Cathy, le Christ, Martin, le meilleur ami de Monsieur C. Mais surtout, il faudra parler de tous ces rires, de tous ces rires qui partent de rien et qui s'envolent haut, très haut, en amphi, à la cafétéria, dans la rue, au 112, au 223, au 257, dans le tram, en mangeant coréen, chinois, japonais, en regardant un film, devant l'ascenseur, dans l'ascenseur, sur le balcon, l'après-midi sur mon canapé à regarder la journée passer, en soirée (ces soirées où l'on ne se souvient jamais de tout), la nuit, partout, tout le temps.
Oui, un jour il faudra que l'on raconte cette histoire. Mais en attendant, il est plus important de la vivre
Texte by Marisa